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MNOPerigord TOUR 2018

Découvrez le panel d’artistes qui participeront au 18e Festival MNOP,
leurs univers distincts – et cependant complémentaires – qui enchanteront vos soirées…

En attentant la Programmation, vibrez par les mots et les extraits musicaux de chacun d’entre eux !


Une batterie métronomique et féline à la fois, des riffs de guitare Dobro trempés dans la braise, un tuba cabossé d’où s’échappent des lignes de basse telluriques… Voilà Delgrès, un power trio qui réinvente le blues en y injectant une transe rock abrasive qui évoque autant la soul des Touaregs que celle de John Lee Hooker et des Black Keys, tout en portant un message séculaire, celui de Louis Delgrès : héros de la lutte contre l’esclavage en Guadeloupe. Voilà aussi pourquoi cette musique rebelle et brûlante, à travers les frissons qu’elle dégage, nous parle autant aujourd’hui, en faisant vibrer aussi bien nos corps que nos esprits.

C’est la rencontre avec une guitare qui a tout déclenché ! Ce vieux Dobro couvert de palmiers a permis à des choses enfouies depuis des années de sortir au grand jour, peu à peu, comme on sort d’une caverne après y avoir longuement séjourné. Un sentiment, un étirement du temps, proche du chant des ancêtres maliens a pris corps en glissant un bottleneck sur ces cordes fatiguées.

« Tout est parti de la guitare Dobro. J’étais à Amsterdam quand j’ai commencé à en jouer. Cet instrument, le sentiment d’éloignement, auquel s’ajoutait celui d’être un peu à la croisée de différents chemins professionnels, m’ont instinctivement amené à faire du blues, musique que j’avais déjà approchée, mais indirectement, à travers le jazz. Le créole que j’ai appris à la maison, et un peu chanté autrefois, s’est aussitôt invité. » – Pascal Danae.

Les voix des vieux héros oubliés de la Guadeloupe, petits ou grands sont revenues murmurer à l’âme de Pascal Danae. Parmi elles, celle de Louis Delgrès, officier métis qui combattit jusqu’à la mort le rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802 en Guadeloupe.

Et une lettre au papier jauni… La lettre d’affranchissement de sa trisaïeule guadeloupéenne Louise Danae, 27 ans, et de ses trois enfants rendus libres en 1841 dont il a retrouvé la lettre d’affranchissement.. Ou encore le souvenir de ce grand frère aventurier parti trop tôt… Pascal ferme les yeux et peu à peu les chansons naissent… Une nouvelle vie commence, un cœur bat !

« C’est la première fois que je peux me libérer aussi franchement de toutes ces émotions. Au point que Delgrès, outre une passionnante aventure musicale et humaine, est devenu une sorte de cellule psychologique… » – Pascal Danae.

Ce cœur a le son de la batterie de Baptiste Brondy, batteur rencontré au sein du groupe Rivière Noire (Victoires de la Musique 2015) que Pascal a co-fondé. Baptiste, c’est le pouls de ce blues organique. Pascal et lui respirent au même rythme. Tout n’est qu’instinct, animal…

Manque pourtant un souffle à ce duo. Depuis longtemps, Pascal rêvait de cette basse de rue, infante de la Nouvelle-Orléans qui défile entre canal et salon. Un son brut et chaud, cabossé et cuivré qui fait marcher même les paumes, au pas de l’espoir !

C’est un ancien prof de fac de Danae, slide guitariste également, qui lui présente le Sousaphone (gros tuba) de Raphaël Gouthière. Raphaël est un fou unique capable entre autres de marier Moussorgski à la mazurka au sein d’une fanfare mandingue… !

« Pour la basse en revanche, j’avais la vision d’une fanfare de carnaval, comme il y en a aux Antilles ou à La Nouvelle-Orléans, où le rôle est tenu par le sousaphone. » – Pascal Danae.

Le résultat est un power trio d’un genre nouveau. Trempé de blues, sur le versant le plus africain de la culture caraïbe, ouvert sur l’urbain et le monde. Loin de toute nostalgie répétitive, un son actuel, entre Tinariwen et les Black Keys, enraciné dans la tendresse infinie des héros oubliés. Le chaînon manquant ? Delgrès.

« Entre rock sous hypnose, soul tellurique et garage abrasif. Le stade ultime, peut-être, de cette créolité féconde dans la laquelle le penseur Édouard Glissant croyait voir la promesse d’un monde moins barbare et plus fraternel. » — Francis Dordor.

« Le concert de Delgrès dans le cadre du Festival « Au fil des Voix » sera l’occasion de présenter le répertoire complet, traversé par un groove et une exultation qui transpirent le blues et mettent en joie. Pour l’album il faudra patienter jusqu’à septembre 2018. » — Anne Berthod – Télérama.


Delgrés – Mr. President

Retrouvez le concert MNOP de Delgrès :

Dimanche 15 juillet : Sorges, Château du Bouquet, 20 h


Crédits Photos : Mélanie Elbaz, Rémy Solomon, Pierre Wetzel