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On se pressait aux Toquets un mardi de mai. Daddy long legs, un nom d’araignée australienne qui sied bien à ce combo new yorkais de soufre et de feu. Un Blues d’immédiateté et d’évidence pour un ras du sol de juke joint. On dépoussière, on évacue la suffisance et le superflu pour se concentrer sur le cœur de chauffe. Le groupe n’aime pas les bassistes et le batteur n’aime pas les cymbales. Pas de léchage de papier glacé. Tout ce qui pourrait passer pour une joliesse d’apparat est évacué. Sans concession. La fureur en filigrane avec au devant de la scène, des compas et des bras interminables. La flamboyance de la chevelure du chanteur pour mieux tisser la toile et la faire rebondir sur des collègues prompts à saisir les volutes de l’harmonica et de la guitare. Une voix d’éraillure pour marteler l’évidence du son et sa brutalité non négociable. Une baguette dans une main, un maracas dans l’autre, le batteur est un maestro de fureur. Un tempo arachnéen qui colle au guitariste revenant d’une tournée de Mungo Jerry. Ghost in translation. Un fantôme pour en cacher une autre. Devant, « Papa longues jambes » éructe un blues taillé pour le label Fat Possum. Un sur mesure dépenaillé dans lequel rhum arrangé et faux col de mousse se mélangerait dans un cocktail improbable. Secouer avant usage, rue Paul Semard, le shaker fonctionne à plein…Thanks Some Produkt.

Stéphane Colin