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On a plié les gaules. Le MnopTour de juillet a rendu l’âme à St Laurent. Un dernier tour de Duportal pour alourdir un peu plus le panier aux souvenirs. Lourd filet à provisions chargé en bouteilles, boîtes à canard gras et musiques chaleureuses. Un unisson de couleurs à conjugaison plurielle. Un rubis de château Margaux, rouge puissant tirant sur le violet pour rappeler les plumes de Big Chief Juan Pardo ou un bleu de musique profond façon Benoît Blue Boy. Avec Nico Duportal et sa garde rapprochée, le « garçon bleu », père du Blues à la Française, parrain du festival dès sa première année, a fait flamber ses 3 soirées. Chapeau Pachuco sur le bandeau, la voix traînant des textes sans équivalent dans le Molière ou dans le Belleville et des harmo comme Lazy Lester les aiment. Au pied de la cathédrale St Front, on finira à capella devant la scène et à Douchapt, le bandana tourbillonnera longtemps au dessus des têtes dansantes. Plus que tout, le son d’ensemble corroborera l’impression d’un bien vivre commun. Les guitares de Nico Duportal et de Stan Nouba Pacha apporteront leur distinction et leurs différences. La section de cuivres et la section rythmique ramèneront sans cesse à un ailleurs de rythm and blues dont on retrouve aujourd’hui peu d’équivalent des deux côtés de l’Atlantique. Aussi à l’aise dans les compostions récentes élaborées avec le brillant Theo Laurence que dans les chansons de l’ancien batteur de Django Mac Kak, la famille Duportal transcendera la semaine, suspendra le temps et décapera la morosité. À St Laurent sur Manoire, le dimanche soir aura un léger goût amer teinté d’envie de revoyure. Des images indélébiles avec en point d’orgue l’arrivée du jeune guitariste Max Genouel. Une demi heure d’emprunt de guitare pendant laquelle le propriétaire Nico chantera comme un blues shouter de l’ancien temps. Sur le mur de la mairie, les ombres de Big Joe Turner et de Wynonie Harris inventeront des jittersburgs de dessin animé. Devant la scène, les danseurs n’auront plus qu’à suivre la cadence..

Texte et photo : Stéphane Colin