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MNOP, Soul Bag et Ciné-Cinéma s’associent pour cette soirée rendant hommages aux Black Indians, le film de Jo Béranger sera suivi par une conférence proposée par Stéphane Colin avec la présence de la co-réalisatrice du film Édith Patrouilleau.

Déroulement de la soirée

  • Dès 19 h 45, assistez à la présentation de soirée suivie d’un Concert de Laurent Beltram, les élèves de l’ensemble des cuivres du Conservatoire Municipal de Musique et de Danse de la Ville de Périgueux (La Visitation).
  • À 20 h 30, ne manquez pas la projection de Black Indians et, après 22 h, des échanges seront animés par Stéphane Colin et Édith Patrouilleau.

Pour MNOP, une soirée dédiée aux Black Indians, est loin d’être anodine. En effet, tout au long de ces années le Festival à vu défiler quelques grands chefs Mardi Gras, qui ont tour à tour, révélé une facette de NOLA.

Leur ADN est inscrit dans l’Histoire de la Nouvelle-Orléans et ses traditions ancestrales sont chères à l’identité de MNOP. On ne peut oublier la présence sur scène de Queen Cheriece Harisson, Big Chief Roger Nelson, Big Chief Alfred Doucette, Big Chief Monk Boudreaux qui a marqué durablement les spectateurs soit par ses performances ensorcelantes ou par le road-movie We Love Big Chief ! Et dernièrement de Big Chief Juan Pardo qui a triomphé lors de ce dernier Tour avec The New Orleans Funky Review.

Autre clin d’oeil, le logo MNOP, n’est-il pas un Big Chief ?

La Genèse des Black Indians

Les Black Indians sont des habitants des quartiers de la Nouvelle-Orléans, noirs américains qui se regroupent en tribus, fabriquent les plus beaux costumes du monde, et défilent dans les rues tels des anges africains déguisés en indiens de rêve en affirmant à la face du monde la fierté, la beauté, et l’humanité de leurs communautés.

Le film rend hommage aux esprits indiens de la terre d’Amérique comme le font les Big Chiefs des tribus que nous suivons tout au long du film. Musical et dansé, joyeux, Black Indians nous fait remonter jusqu’aux racines du call and response, forme musicale qui est la dernière tradition vivante de la culture africaine et l’une des sources du jazz…

À la Nouvelle-Orléans, cette ville unique aux États-Unis en raison de son histoire singulière avec les esclaves, vibrante de jazz et de funk, la transmission de la culture africaine se perpétue depuis trois siècles par des formes à la fois artistiques et spirituelles, sociologiques et politiques. Parmi ces formes d’expression, la Nouvelle-Orléans compte un joyau, une perle rare, les tribus de “Black Indians”, la rencontre artistique, musicale et spirituelle entre les noirs et les Amérindiens. Un film vibrant de passion, de spiritualité, de musique tribale et de beauté.

« Nous sommes le peuple de la transe.
Nous parlons à l’esprit. L’esprit descend en nous.
Quand nous dansons, nos pieds parlent à la Terre-Mère… »

Grand Angle sur les Black Indians

La tradition du « Indian masking », plus connue comme « Indiens du Mardi Gras » ou « Black Indians », façonne l’héritage et la culture de la Nouvelle-Orléans depuis plus de 300 ans. Dans les quartiers afro-américains cette tradition collective qui trouve ses racines dans la plaie béante de l’esclavage et l’esprit de résistance autochtone est le cœur et l’âme de la Nouvelle-Orléans.

Les « Black Indians » célèbrent et maintiennent leur africanité. Ils ont développé une façon sophistiquée de chanter, de raconter leur histoire avec une structure de « chant et réponse » (call and response), à la manière des griots africains.

Ils partagent leur histoire avec les nations amérindiennes de la région, au sein desquelles nombre d’esclaves en fuite trouvèrent refuge. Les destins des victimes de la colonisation et de l’esclavage se sont souvent entremêlés. C’est cette histoire-là qui est contée, tout en étant voilée par les chants, la musique et le geste.

Aujourd’hui, ce sont une quarantaine de « tribus » qui se costument chaque année le jour de mardi gras (Super Sunday) et la nuit de la Saint Joseph.

Le tambour parle, les chants codés résonnent dans des défilés de carnaval spectaculaires aux codes transmis de génération en génération, rythmés par la musique qui a inspiré le jazz. Les tribus, AKA « gangs », rivalisent de beauté dans leurs costumes de perles et de plumes, uniques, cousus pendant toute une année.

Chaque tribu se compose de plusieurs individus qui sortent costumés, le « Big Chief », le « Second Chief », voire un troisième Chief, un « Flag Boy », un « Spy Boy », le « Wildman » ou « Medicine Man », la « Queen » et aussi les « Little Queens », les enfants.

Mais le cercle autour est vaste, il comprend la famille, les proches, le quartier, et la ville. La maison du Big Chief est une base, un quartier général, un atelier de costumes. Ils rêvent, dessinent et créent leurs costumes dans l’intimité de leurs foyers. Ces moments sont propices à la transmission orale. La beauté, la passion, la liberté, le talent, mais aussi le rayonnement qu’ils ont dans leurs communautés font des Black Indians des personnages hors du commun.

Les hommes et les femmes qui incarnent cette tradition, souvent parmi les plus pauvres, font face au racisme, à la délinquance et au mépris : une culture symbole de résistance.

Les Black Indians ont probablement gardé le lien le plus étroit entre le temps où les esclaves se rassemblaient à Congo Square, au cœur de la ville, et aujourd’hui. Seul lieu où les esclaves pouvaient se rassembler le dimanche, Congo Square est également un site sacré pour les autochtones Houmas. La tradition dut longtemps rester dans la clandestinité, « Masking » était interdit par le Code Noir de 1724.

Les Black Indians ont toujours représenté une puissante résistance à la suprématie blanche même si, paradoxalement, cette coutume s’est beaucoup fait connaître par les costumes du Buffalo Bill West Show à la fin du XIXme siècle.

Au début des années 70, ils participent des luttes et actions des Black Panthers enracinés dans les cités où se déroulaient les programmes mis en place par les militants. Ils opposent l’amour à la haine, la beauté au mépris, la poésie à la répression, la résistance à l’oppression.

Quand les Black Indians sortent, ils montrent au monde leur magnificence et leur force spirituelle en parcourant les rues de leurs quartiers dans un défilé éloigné du carnaval officiel, et c’est pour tout le quartier un sujet de fierté. Ils jouent également un rôle social crucial auprès des enfants et des adolescents, un rôle économique, et ils interpellent les politiques sur les pratiques discriminatoires.

Après l’ouragan Katrina en 2005, l’exode forcé de milliers d’afro-américains, l’afflux d’une population blanche à l’affut d’opportunités, la spéculation, la gentrification n’ont pas eu raison de ce phénomène unique. Bien au contraire, ils sont plus déterminés que jamais.


Black Indians : le film…

L’idée de ce projet explique le réalisateur Jo Béranger, est née dans une salle obscure devant « Retour à Gorée » de Pierre-Yves Borgeaud.

Youssou N’Dour part en Amérique à la rencontre des musiciens qu’il veut inviter à Gorée. Parmi eux, Idris Muhamad, batteur de Jazz.. Il ouvre son portefeuille et montre une photo bien protégée derrière un plastique. Il le fait comme l’on montrerait fièrement la photo de ses enfants ou amoureusement la photo de sa femme. On le voit vêtu d’un magnifique costume fait de perles et de plumes, de ceux que l’on admire dans les pow-wows des plaines du nord des États-Unis. Mais cette photo a été prise à la Nouvelle-Orléans lors du Mardi Gras.

Le Mardi Gras Indien. Chaque année après des mois de préparation, les « Blacks Indians » défilent avec leur musique, leurs chants aux paroles incompréhensibles et leurs rites secrets. Ils perpétuent une tradition plus que centenaire. Idris Muhamad y puise d’ailleurs les racines de son identité musicale et spirituelle.

Mais qui sont ces « Indiens Noirs » ? Quelle est cette tradition perpétuée par la musique, les costumes, les rituelles ? Quel est le rapport avec les natifs Américains ?

Je suis fasciné que le métissage des deux groupes raciaux les plus réprimés d’Amérique ait réussi à donner le jour à une expression artistique puissante et de grande beauté. Une partie des afro-américains de la Nouvelle-Orléans revendique clairement un métissage de sang noir et indien et une hybridation métaphorique de leur identité.

Partir à leur rencontre, c’est atteindre l’âme même de la Nouvelle-Orléans, terre promise de la musique (jazz, soul, rock’n roll, funk) et de ses disciples.

Malgré l’épisode Katrina qui a dévasté une bonne partie de la ville et de ses habitants les plus fragiles, les Black Indians sont toujours debout, ils dansent dans les rues de la Nouvelle-Orléans avec cette énergie sauvage qui permet de devenir éternels. »

« Le Mardi Gras Indien était là avant le jazz, bien avant que Louis Armstrong souffle dans sa trompette. Enlève ça et le jazz et il n’y a plus de Nouvelle-Orléans. »

Chief David Montana


Black Indians (Bande-annonce)

Black Indians (Film Annonce) from LARDUX FILMS on Vimeo.


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Crédits Photos : Lardux Films