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Tout au long de cette année, nous allons suivre les tribulations de Nathalie, bénévole MNOP, partie durant quelques mois à la Nouvelle-Orléans. Au travers de ses mots, Natalie nous offre un témoignage sincère et réel de NOLA.

« It’s hard in St. Bernard there’s tears in Algiers
If you’re calling for New Orleans
There’s nobody here
So fix yourself a drink
Pack your things and go
Last one out turn off the lights and board up the doors
I want to go home whatever it takes
I want to go home when the levee breaks
I want to go home where the streets have holes
I want to go home where the good times roll… »

Cowboy Mouth – Home (chanson écrite après l’ouragan)

13 – Katrina

« 12 novembre 2018,

Impossible d’écrire un blog sur La Nouvelle-Orléans sans parler de l’ouragan Katrina, cette effroyable catastrophe est intimement liée à l’histoire de la ville et a marqué ses habitants. L’ouragan Katrina, est le nom qui a été donné à la tempête tropicale qui a frappé la côte sud-est des États Unis fin août 2005. Il a fait 1 800 victimes et les dégâts causés par cette catastrophe naturelle ont atteints des chiffres records pour l’histoire américaine.

Il s’est formé le 23 août 2005 et en moins d’une semaine, il est passé du statut de dépression tropicale à celui d’ouragan de catégorie 4. Katrina toucha terre le 29 août à 70 km au Sud Est de la Nouvelle-Orléans sur la Côte américaine du Golfe, détruisant tout sur son passage et causant des inondations dévastatrices sur des kilomètres.

À la Nouvelle-Orléans, où la zone métropolitaine élargie est sous le niveau de la mer, les officiers fédéraux ont initialement pensé que la ville avait été touchée de plein fouet. Mais en fait, les vents intenses de la tempête avaient épargné directement la ville.

Ce sont en fait les « levées », les digues qui retenaient les eaux du Lac Ponchartrain et du Lac Borgne qui ont cédé face à la puissance des 25 cm de pluie qui sont tombés en quelques heures et de la vague submergeais de l’ouragan Katrina. L’eau est d’abord montée dans les zones situées à l’est du Canal Industriel et le 29 août après-midi, la ville était sous l’eau à 20%.

La maire de la Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, avait ordonné une évacuation impérative de la ville la veille et environ 1,2 millions de personnes ont pu quitter la ville avant l’ouragan. Toutefois, des dizaines de milliers de résidents n’ont pas pu ou n’ont pas voulu partir. Ils sont restés chez eux, grimpant sur les toits quand l’eau est montée ou bien ont cherché refuge dans des lieux comme le Centre des Conventions de la Nouvelle-Orléans ou encore le Louisiana Superdome. 80% de la ville était sous l’eau le 30 août.

Le 31 août, une première vague d’évacués est arrivée aux abris de la Croix Rouge à l’Astrodome de Houston, 560 km de la Nouvelle-Orléans, mais des dizaines de milliers sont restés en ville.

Le 1er septembre, environ 30 000 personnes trouvaient refuge sous le toit endommagé du Superdome et 25 000 autres au Centre des Conventions. Le manque de nourriture et d’eau potable est rapidement devenu problématique tout comme les températures supérieures à 32°c. Les problèmes sanitaires et les eaux infestées de bactéries ont rapidement constitué une urgence de santé publique.

Le 6 septembre, la police locale a estimé qu’il restait moins de 10 000 résidents à la Nouvelle-Orléans. Les ingénieurs de l’armée américaine ont terminé de pomper les eaux ayant inondé la ville le 11 octobre 2005, 43 jours après le drame. La tempête aura finalement coûté plus de 160 milliards $, et la population de la ville s’est réduite de 29% entre l’automne 2005 et 2011.

Pour toutes les personnes que j’ai rencontrées à la Nouvelle-Orléans résidents lors de cette catastrophe, il y a toujours un avant et un après Katrina, « the storm » comme ils l’appellent. Certains ont réussi à évacuer, passant des heures sur la route pour trouver un refuge, avec leurs enfants, parfois même avec des femmes enceintes, d’autres sont restés et ont vécu une terrifiante expérience quand les eaux sont montées. Beaucoup ont tout perdu.

Cette catastrophe a beaucoup inspiré les musiciens locaux comme Johnny Sansone ou John Fohl, leurs chansons poignantes parlent des gaz toxiques saturant l’air et de l’eau contaminée partout, l’électricité coupée, la destruction, la désolation.

Il a fallu des années pour reconstruire la ville, et pourtant, 13 ans après, j’ai pu voir que beaucoup de quartiers portent encore les cicatrices infligées par Katrina… »


N’hésitez pas à parcourir en plus de cette chroniques le blog de Nathalie :
laventurelouisianaise.blogspot.com/2018/09/welcome-to-my-new-world.html


Crédits Photos : IBTimes UK, PxHere, Blog Camping, B.W. Cooper