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Tout au long de cette année, nous allons suivre les tribulations de Nathalie, bénévole MNOP, partie durant quelques mois à la Nouvelle-Orléans. Au travers de ses mots, Natalie nous offre un témoignage sincère et réel de NOLA.

Doreen Ketchens est une artiste incontournable de la Nouvelle-Orléans, surnommée « The Clarinett Queen» elle se produit sur Royal Street ! Immanquable !

21 – Doreen Ketchens, clarinettiste de jazz sur Royal Street

« 12 janvier 2019,

Doreen Ketchens et son groupe jouent sur Royal Street dans le Quartier Français de la Nouvelle-Orléans, devant Rouse’s Market, juste en dessous du studio de l’artiste-peintre française Isabelle Jacopin. Elle est l’une des rares leaders féminines de groupe à la Nouvelle-Orléans et elle enseigne aussi la musique.

Doreen a grandi à Tremé, en bas de la rue où le Dirty Dozen Brass Band répétait. Mais elle n’avait jamais été intéressée par le jazz, bien que son père fût un danseur dans le club communautaire, de sorte qu’ils baignaient dans la musique, quand elle entendait un jeu de clarinette, cela avait de fines tonalités et la technique n’était pas très bonne. Cela ne l’intéressait donc pas d’en jouer, jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse d’un joueur de tuba et sousaphone.

Elle jouait du jazz et soudainement, cela eut une certaine attraction. Elle commença à écouter Louis Armstrong et les joueurs de clarinette qui jouaient avec lui. Ils avaient de très bonnes tonalités et une excellente technique, comme Buster Bailey, qui était un clarinettiste de formation classique, comme elle.

À l’église, où beaucoup d’émotions émergent, elle essaya de chanter comme une fille, mais elle ne pouvait pas chanter. Elle avait une voix grave qui n’avait pas la même sonorité que les autres. Plus tard, après avoir joué de la musique pendant un certain temps, elle était couchée et écoutait de la musique quand elle entendit Sam Cooke avec What a Wonderful World This Would Be. Et elle s’est dit, Mais, je peux chanter comme ça ! Ensuite, ce fut Louis Armstrong avec What a Wonderful World et elle pouvait chanter comme lui aussi.

Elle poursuivit son chemin dans les conservatoires et universités et rencontra son mari, arrangeur et joueur de sousaphone pour Doreen’s Jazz New Orleans, Lawrence Ketchens à Loyola. Elle trouva sa passion dans le jazz avec Lawrence.

Doreen joua son premier concert de jazz avec Lawrence lors de la Convention Nationale Républicaine de 1987. Elle géra un restaurant servant plats du jour pour le déjeuner appelé Doreen’s Sweets pendant un certain temps jusqu’à ce qu’elle dise à Lawrence alors qu’ils passaient souvent devant des musiciens qui jouaient dans les rues de la Nouvelle-Orléans, qu’ils pourraient eux aussi gagner leur vie ainsi. Le couple commença à jouer dans les rues de la Nouvelle-Orléans en 1987.

Elle commença à jouer à Jackson Square avec son premier groupe, le Jackson Square All Stars. Ils évoluèrent pour former le Doreen’s Jazz New Orleans, et après avoir beaucoup lutté contre le chauvinisme des propriétaires de club et Jazz traditionnels, ils finirent par trouver la formule gagnante en jouant et divertissant les foules par le biais de leurs concerts de rue, festivals de jazz et ensuite par des ventes directes de leur musique et vidéos sur Internet.

Doreen présenta sa fille, Dorian Ketchens-Dixon, alors qu’elle avait à peine neuf ans, comme batteur au New-Orleans Jazz & Heritage festival pour une chanson dans un set. Elle est aujourd’hui l’un des batteurs réguliers soutenant le groupe.

Doreen a joué dans des salles de concert et à des festivals de musique, dans des ambassades américaines et des décennies de performances hebdomadaires dans la tradition de Dixieland sur Royal Street dans le Quartier Français avec son groupe Doreen’s Jazz New Orleans.

Doreen s’est produite devant quatre présidents américains : Bill Clinton, George Bush Sr, Ronald Reagan et Jimmy Carter et elle est largement considérée comme l’une des ambassadrices culturelles de La Nouvelle-Orléans et de la musique traditionnelle. Le groupe a également sorti 23 volumes de CD et 3 DVD.

Surnommée Lady Louis en raison de sa capacité à atteindre et maintenir de puissantes notes élevées, et de son amour pour le style de jeu d’Armstrong, elle a joué avec Ellis Marsalis, Job Faddis, Trombone Shorty, Al Hirt, Dorothy Donegan, The Black Crows et Jennifer Warnes, et a fait l’ouverture des concerts de Macy Grey et Dr John, elle a également été vue dans le monde entier par des millions de gens par l’intermédiaire des médias et vidéos de fan de ses concerts de rue. Elle a figuré dans de nombreux documentaires sur la Nouvelle-Orléans, sa musique et son héritage, et elle a été vue à la télévision dans des séries comme Tremé de HBO.

En plus d’être de talentueux musiciens en concert, Doreen et Lawrence sont d’excellents enseignants. Ils jouent régulièrement dans des écoles de tous les États unis et du monde, enseignant à des étudiants de toutes les langues, diffusant la culture et la musique de la Nouvelle-Orléans, avant et après Katrina.

Doreen a été décorée du prix Best of the Beat Awards comme meilleure clarinettiste en 2016. »


Doreen Ketchens, Three Songs at WWOZ


N’hésitez pas à parcourir en plus de cette chroniques le blog de Nathalie :
laventurelouisianaise.blogspot.com/2018/09/welcome-to-my-new-world.html