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Stéphane Colin nous fait le plaisir de partager ses chroniques pour ABS Magazine, un must pour compléter notre culture de la musique afro-américaine…

Jarring Effects fait son effet !

On se rappelle le disque du 79rs Gang paru en 2015. Un coup de cœur d’un petit label (Sinking City Records) pour un son de Mardi Gras Indians pris dans son jus. Peu d’exemples antérieurs. Seuls le disque des Golden Eagles (Rounder 1988) et Indians of Nation de 1998 ramenaient à ce son brut. Une immédiateté paraissant faire référence à un field recording lomaxien. Un « cimarron» qui, comme partout dans les caraïbes et dans l’Amérique du Sud, célèbre le carnaval d’esclaves Marrons échappés des plantations pour mieux se confronter aux racines africaines…

Retrouver Big Chief Jermaine et Big Chief Romero dans ce projet du label français Jarring Effects a quelque chose de réjouissant. Un déconcertant/enthousiasmant qui amène les racines originelles du chant de Mardi Gras Indians dans un XXIe siècle d’électro survitaminé. 

Les mélanges créoles y sont reconnectés pour mieux transcender une énergie hybride où les vielles incantations indiennes/africaines se trouvent confrontées à une modernité que l’on aurait pas imaginer au sortir du disque initial du 79 rs Gang. Dès lors, le bounce virtuose de Hassizle King opère comme une réponse à l’appel initial. Un call and response où le scat débridé de HaSsizle parait camper un feedback tout aussi prompt à faire remuer les popotins qu’à s’insinuer avec force et virulence au milieu des tambours béninois et du violoncelle d’obédience classique. La grâce du multi instrumentiste David Walter et la production d’Elodie Maillot font le reste. 

On cherchera en vain un morceau charismatique qui pourrait servir de porte-flambeau à l’ensemble. Pas de compétition ou de préemption ici. Chaque titre tisse sa toile et suit un chemin tout à la fois original et collectif. L’édifice commun se construit pierre à pierre, chaque note y apportant son travail. La vue d’ensemble n’en est que plus impressionnante. Accolé à l’enregistrement, l’auguste documentaire « Call & Response » prolonge l’aventure de cet enregistrement effectué Downown pendant de chaudes journées d’été louisianaises. 

Une saison de fièvre Voodoon avec sueurs et incantations…


NOLA is calling – Downton 



Crédits Photos : Élodie Maillot et Antoine Jamet